bonheur en tranches

Et si le bonheur des uns faisait aussi le bonheur des autres…

La cabane du lutin

3 commentaires

Quelques grains de sables dans mon lit. Par terre, des petites sandales, l’air coupable.
Dans la cuisine, un énorme camion de pompier. Sur le frigo, un arc-en-ciel, un dragon qui crache du feu, une maison pleine de fenêtres.
Dans l’entrée, des bottes de pluie qui savent qu’elles sont aussi des bottes de chevalier, d’astronaute, de chat botté.
Une collection de canards de bain de toutes les couleurs sur le rebord de la fenêtre de la salle de bain.
Sur la corde à linge, des petits caleçons, en brochette.
Ça et là un glaive, un coutelas, un sabre, et des traces de pirates.
Une petite voix éraillée qui dépose un «je t’aime» endormi dans le creux de mon oreille.

Pas de doute, y a un lutin qui a pris mon cœur pour sa cabane.
Et ça m’plaît!

Les premières nuits, je me réveillais pour le regarder dormir. Il y avait un couffin dans ma chambre. Celui-là, il était là pour rester. Ce n’était pas un bébé déposé pour le week-end, pour la semaine. C’était un lutin confié pour la vie!

Les nuits ont succédé aux jours, les jours aux nuit. Comme un haricot magique, notre goulu à poussé. Ses yeux sont passés du gris-bleu au vert kaki, avec des lueurs de noisette. Sa nuque s’est parée de douces frisettes. Il babille toute la journée, enchaînant les blagues, les chansons de son cru, les récits de ses rêves éveillés.

Lâchez-le dans un parc, il rameute tous les autres. Le moindre rocher devient leur bateau pirate. «Attention Maman, tu vas te faire dévorer par les requins! Moussaillons, à la rescousse!» Avec ses pieds, il sait faire monter sa balançoire jusqu’au ciel. «Tu crois qu’il me voit, Papi Gilles, Maman?»

Comment fait-on pour sourire comme ça quand on n’a pas de lutin? Comment passe-t-on à travers les épreuves sans perdre toutes nos plumes quand on a pas cette petite main dans la sienne?

Je n’ai pas peur de vieillir parce que j’ai hâte de le voir grandir encore. Envie de déguster avec lui chaque rayon de soleil, chaque goûte de pluie. Il me tarde de découvrir encore tous ces bourgeons, d’arroser toutes ces promesses de légumes et de fruits.
Et de les croquer.
Ensemble!

Advertisements

3 avis sur « La cabane du lutin »

  1. Tu me mets les larmes aux yeux par la beauté de ton écriture…Encore encore…

    Aimé par 1 personne

  2. Magnifique !!!! Tu est faite pour l’écriture te lire est un délice…Cécile

    Aimé par 1 personne

  3. Ces deux textes sont incroyables! Un pur délice pour les yeux et le moral. Toutes mes félicitations pour la douceur, l’amour et la justesse des mots qui traversent ces deux nouvelles. Bravo à l’auteure!!!!

    J’aime

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s